Ils jettent leurs pantalons !

Jetés de soutien-gorges en 1968 et de pantalons en 2016

En septembre 1968, un groupe de féministes décident d’organiser une manifestation en marge de l’élection de Miss America à Atlantic City. Lors de l’événement, elle jettent symboliquement dans une « poubelle de la liberté » (« Freedom Trash Can ») divers objets qui représentent à leurs yeux les contraintes qui pésent injustement sur les épaules des femmes : magazines Playboy, chaussures à talons et – ce qui marquera le plus les esprits – des soutiens-gorge.
En mai 2016, à Strasbourg, capitale européenne, l’association HEJ leur a rendu hommage en jetant, non pas des soutiens-gorge cette fois, mais des pantalons, symbole d’une contrainte vestimentaire dont ils se sont débarrassés en choisissant la jupe masculine. Car si la société a beaucoup progressé depuis les années 60 concernant l’image de la femme, les hommes restent, en ce début de XXIème siècle, coincés et serrés dans leurs pantalons.

Le parallèle n’est pas fortuit, et le combat vestimentaire n’a rien de banal : la très grande majorité des femmes, au moment même où ce petit groupe de féministes jetaient leurs soutiens-gorge, n’imaginaient même pas se rendre sur leur lieu de travail autrement qu’en jupe ou en robe. Et le port du pantalon leur a donné accès à une liberté autrefois interdite à la gent féminine : le sport, dès la fin du XIXème siècle, et toutes sortes d’activités pour lesquelles la jupe n’est pas adaptée.

Jeté de pantalons
Et au-delà des discours peut-être un peu pompeux sur l’égalité, la jupe masculine a elle aussi des considérations pratiques. Ceux qui ont participé à l’événement de Strasbourg, sous un soleil assommant, peuvent en témoigner. Parmi les nombreux passants qui arpentaient la grande place Kléber, au coeur du centre-ville, ils étaient les seuls hommes qui ne suaient pas dans leurs pantalons ou leurs bermudas.
Après ce jeté de pantalons, les membres de HEJ et mêmes quelques spectateurs ont enfilé des jupes longues et blanches fournies par Hiatus. Le graffeur Jaek el Diablo a alors taggé chaque jupe suivant les envies et les personnalités de chacun.

Taggage de jupeTaggage de jupeTaggage de jupe

Un grand moment partagé par les membres de HEJ, une magnifique journée à Strasbourg, et un geste symbolique en faveur de l’égalité vestimentaire.
Et ce n’est pas tout : après ce jeté de pantalon et le taggage des jupes, HEJ avait préparé un défilé unique en son genre, au Village de la Mode, installé sur cette même place Kléber.
Le compte-rendu du défilé dans cet article : Un défilé unique en son genre aux Fashion Days

Les pantalons jetés étaient des pantalons usagés récupérés lors d’une collecte organisée par HEJ avant l’événement. Ils ont été confiés à l’Armée du Salut : 80 pantalons pour l’Armée du Salut !

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Jérémie Lefebvre

Jérémie est un Chti émigré en terre alsacienne. Si vous avez la chance de visiter Strasbourg, vous le verrez peut-être traverser la ville en jupe masculine sur son beau vélo hollandais. Ses jupes fétiches : des Sport Kilts (il en a presque un de chaque couleur !), des jupes Hiatus, et des kilts traditionnels pour les grandes occasions.

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